Comme on a un hiver horrible, qui rappelle l'imminence des changements climatiques, j'ai cru bon de publier sur mon blogue une entrevue que j'ai réalisé avec François Cardinal. En effet, ce journaliste en environnement à La Presse a publié cet automne un livre sur la réalité écologique du Québec. Résultat? On a beaucoup de chemin à faire, mais il y a de l'espoir.
N'allez pas penser que je vais révéler tous les secrets du Mythe du Québec vert. Au contraire, j'espère plutôt piquer votre curiosité et vous inciter à vous procurer le livre de Cardinal. Parce que les habitudes sont tellement difficiles à changer et que, quand on s'informe, on comprend mieux pourquoi on doit aiguiller notre comportement, voici l'intégrale de cette entrevue.
François Cardinal
Mauvais bulletin du Québec vert
Les Québécois sont loin d’être des exemples à suivre en matière d’environnement. Du moins, c’est ce que soutient François Cardinal dans Le mythe du Québec vert, son premier livre. Le journaliste en environnement à La Presse consacre cet ouvrage à déboulonner certains mythes voulant que le Québec soit un leader mondial en environnement. Le résultat donne un livre qui choque pour une bonne cause : l’existence d’un Québec vert est aussi palpable que celle du bonhomme sept-heures. On aurait donc tort d’y croire. Entrevue.
Le Québec vert… En quoi est-ce un mythe au juste?
En gros, c’est la mentalité et les pratiques environnementales du Québec. Il y a une différence entre ce qu’on en dit et ce qui se passe dans la réalité. Quand La Presse a publié un sondage qui révélait que les Québécois étaient les plus sensibles à l’environnement au monde, j’ai ri! Grâce à mon expérience, je connaissais la réalité. J’ai alors pris la décision de monter un dossier pour dévoiler que ce Québec vert n’existait pas. Dans mon livre, j’ai divisé cela en trois grandes catégories : les habitudes de recyclage, le transport et la consommation énergétique des Québécois. Ce sont là les principales lacunes qui tournent en dérision cette idée d’un Québec vert.
Ce livre, justement, comporte de nombreuses révélations sur le laxisme des Québécois et de leur gouvernement. Vous mentionnez, par exemple, que la surface protégée du territoire québécois n’est que de 4,8 % contre une moyenne mondiale de 12 %. Comment expliquez-vous cette situation?
Tout d’abord, les Québécois sont constamment en contact avec l’abondance des ressources naturelles. Donc, leur intérêt à protéger le territoire est faible. Ensuite, si on compare aux autres provinces canadiennes, le domaine de protection territoriale est plus bureaucratisé qu’ailleurs. Par conséquent, protéger légalement un territoire au Québec peut prendre jusqu’à 20 ans!
Vous racontez dans votre livre que, pour diminuer la production de déchets, vous aviez proposé, sur les ondes de CKAC, d’abolir les « publisacs ». Comment avez-vous réagi quand le public vous a réprimandé pour vos idées?
J’ai compris que j’étais complètement déconnecté. Qu’en environnement, il me fallait être plus pragmatique et moins puriste. J’aurais dû parler d’un possible abonnement au « publisac » pour les intéressés, au lieu de supprimer complètement sa livraison.
Sur le plan du recyclage, quelle est votre impression de l’efficacité des installations de récupération du Québec?
Technologiquement, tout est en ordre. Mais le côté « business » du recyclage impose quelques restrictions décevantes. Par exemple, la plaquette de styromousse et le sac de plastique peuvent être traités en Ontario, mais il en coûterait trop cher de les transporter jusque là, vu la légèreté des matériaux. Ce n’est par rentable, alors on ne recycle pas.
On ne recycle pas les sacs de plastique!?
Non, en effet. C’est le côté « business » du recyclage qui empêche cela. La légèreté des sacs en plastique ne permet pas de rentabiliser leur transport vers les usines de recyclage. C’est la même chose avec les plaquettes de styromousse et là, le gouvernement ne nous a pas rendu service quand il a passé la loi obligeant les industries à réduire la quantité d’emballage utilisé.
Êtes-vous en train de dire que cette loi, qui visait à réduire la quantité de déchets reliés à l’emballage, est un échec?
C’est exact. La loi fixe un poids limite de l’emballage aux industries. C’est là que se trouve l’erreur, car les compagnies se sont tournées vers des matières plus légères (comme le papier plastique et le styromousse) afin de respecter la loi. Non seulement ces matières ne sont pas recyclables, mais, comme elles sont plus légères, on se retrouve souvent avec un emballage plus encombrant qu’avant. Ainsi, ce nouvel emballage polluant reste conforme à la loi.
Mauvais bulletin du Québec vert
Les Québécois sont loin d’être des exemples à suivre en matière d’environnement. Du moins, c’est ce que soutient François Cardinal dans Le mythe du Québec vert, son premier livre. Le journaliste en environnement à La Presse consacre cet ouvrage à déboulonner certains mythes voulant que le Québec soit un leader mondial en environnement. Le résultat donne un livre qui choque pour une bonne cause : l’existence d’un Québec vert est aussi palpable que celle du bonhomme sept-heures. On aurait donc tort d’y croire. Entrevue.
Le Québec vert… En quoi est-ce un mythe au juste?
En gros, c’est la mentalité et les pratiques environnementales du Québec. Il y a une différence entre ce qu’on en dit et ce qui se passe dans la réalité. Quand La Presse a publié un sondage qui révélait que les Québécois étaient les plus sensibles à l’environnement au monde, j’ai ri! Grâce à mon expérience, je connaissais la réalité. J’ai alors pris la décision de monter un dossier pour dévoiler que ce Québec vert n’existait pas. Dans mon livre, j’ai divisé cela en trois grandes catégories : les habitudes de recyclage, le transport et la consommation énergétique des Québécois. Ce sont là les principales lacunes qui tournent en dérision cette idée d’un Québec vert.
Ce livre, justement, comporte de nombreuses révélations sur le laxisme des Québécois et de leur gouvernement. Vous mentionnez, par exemple, que la surface protégée du territoire québécois n’est que de 4,8 % contre une moyenne mondiale de 12 %. Comment expliquez-vous cette situation?
Tout d’abord, les Québécois sont constamment en contact avec l’abondance des ressources naturelles. Donc, leur intérêt à protéger le territoire est faible. Ensuite, si on compare aux autres provinces canadiennes, le domaine de protection territoriale est plus bureaucratisé qu’ailleurs. Par conséquent, protéger légalement un territoire au Québec peut prendre jusqu’à 20 ans!
Vous racontez dans votre livre que, pour diminuer la production de déchets, vous aviez proposé, sur les ondes de CKAC, d’abolir les « publisacs ». Comment avez-vous réagi quand le public vous a réprimandé pour vos idées?
J’ai compris que j’étais complètement déconnecté. Qu’en environnement, il me fallait être plus pragmatique et moins puriste. J’aurais dû parler d’un possible abonnement au « publisac » pour les intéressés, au lieu de supprimer complètement sa livraison.
Sur le plan du recyclage, quelle est votre impression de l’efficacité des installations de récupération du Québec?
Technologiquement, tout est en ordre. Mais le côté « business » du recyclage impose quelques restrictions décevantes. Par exemple, la plaquette de styromousse et le sac de plastique peuvent être traités en Ontario, mais il en coûterait trop cher de les transporter jusque là, vu la légèreté des matériaux. Ce n’est par rentable, alors on ne recycle pas.
On ne recycle pas les sacs de plastique!?
Non, en effet. C’est le côté « business » du recyclage qui empêche cela. La légèreté des sacs en plastique ne permet pas de rentabiliser leur transport vers les usines de recyclage. C’est la même chose avec les plaquettes de styromousse et là, le gouvernement ne nous a pas rendu service quand il a passé la loi obligeant les industries à réduire la quantité d’emballage utilisé.
Êtes-vous en train de dire que cette loi, qui visait à réduire la quantité de déchets reliés à l’emballage, est un échec?
C’est exact. La loi fixe un poids limite de l’emballage aux industries. C’est là que se trouve l’erreur, car les compagnies se sont tournées vers des matières plus légères (comme le papier plastique et le styromousse) afin de respecter la loi. Non seulement ces matières ne sont pas recyclables, mais, comme elles sont plus légères, on se retrouve souvent avec un emballage plus encombrant qu’avant. Ainsi, ce nouvel emballage polluant reste conforme à la loi.
En ce qui a trait au transport en commun, les services offerts par la STM se dégradent constamment. Il y a moins d’employés aux guichets des stations de métro et il y a moins d’autobus par heure sur presque toutes les lignes. Que peut-on en dire?
C’est déplorable. Comme il y a un manque d’investissement de la part des autorités, les usagers doivent payer plus cher, ce qui en décourage certains. L’achalandage diminue alors et les prix continuent d’augmenter. Le transport en commun perd de ses attraits et ce n’est pas en augmentant le prix des parcomètres qu’on va inciter les montréalais à se tourner vers la STM. Ces augmentations sont minimes. Il faudrait investir davantage dans le transport en commun pour améliorer les services. Les gens seraient plus tentés de les utiliser ainsi. Ensuite, il faudrait imposer des péages pour entrer à Montréal aux automobilistes. Cet argent servirait alors à financer la STM pour qu’elle se sorte de son déficit constant.
On parle d’un possible retour du tramway à Montréal. Quel est votre avis là-dessus?
C’est peut-être une bonne nouvelle, le tramway étant très convivial. Seulement, le maire Tremblay parle de l’implanter dans le Vieux Montréal, pour les touristes. Il faudrait trouver des voies plus utiles pour ce genre de transport, comme l’avenue du Parc, par exemple.
Vous défendez le principe du « pollueur-payeur » dans le domaine de l’automobile. Est-ce que ce principe peut être désavantageux vis-à-vis des citoyens des régions, quand on sait qu’ils doivent rouler davantage pour se rendre au travail?
C’est tout à fait possible, mais c’est là le principe du « pollueur-payeur » : plus vous utilisez votre voiture, plus vous payez cher. Même si les gens vivent en région, ils ont un impact non négligeable sur l’environnement et ils doivent payer. Après tout, le gouvernement ne donne pas de tarifs avantageux sur l’essence aux citoyens en région qui se déplacent beaucoup dans l’année. Toutefois, il ne faut pas s’imaginer qu’un plan d’action « pollueur-payeur » va causer un exode rural! On parle ici d’une immatriculation plus dispendieuse pour les gros pollueurs, donc rien d’exorbitant. Néanmoins, il ne faut pas s’imaginer que l’on va faire des cadeaux à certains parce qu’ils ne disposent pas des moyens nécessaires. La voiture pollue. Alors si on l’utilise, on doit faire face à nos responsabilités.
Connaissant la faiblesse des politiques vertes de M. Harper, quand on regarde le cours des événements récents sur la scène politique fédérale, comment voyez-vous l’avenir environnemental du pays?
D’un bon œil! Je suis un optimiste et j’ai quand même mentionné l’existence d’un Québec vert dans le titre de mon livre. Car malgré leurs comportements discutables, les Québécois sont sensibles à la question environnementale. Je crois que de plus en plus de gens vont vouloir agir et s’impliquer écologiquement. Après tout, le gouvernement Harper a fait un virage à 180 degrés quand il a admis l’existence des changements climatiques! Il y a de l’espoir.
Pour finir, est-ce que le « Le mythe du Québec vert » aura une suite, ou est-ce un projet unique?
C’est certain que, pour le moment, je ne suis pas rendu là. Je suis encore très occupé sollicité pour mon livre et je n’ai pas le temps de penser à autre chose. Par contre, l’idée d’écrire une suite, dans quelques années, histoire de voir où nous en sommes, est plutôt intéressante. Je vais certainement m’y arrêter.
Pour en savoir plus : http://librairie.cyberpresse.ca/livres/mythe-qua-bec-vert-811.html

Aucun commentaire:
Publier un commentaire