jeudi 8 novembre 2007

Les ravages du clavardage

Ces jours-ci, dans La Presse, on peut lire un grand dossier sur la piètre qualité du français chez les élèves québécois du primaire et du secondaire. Dans cette enquête bien ficelée, on voit à quel point les futurs enseignants maîtrisent mal le français, à quel point les étudiants des polyvalentes ont de la difficulté dans des dictées et, dans La Presse de ce matin, on aborde le "français écorché" des écoles primaires. Tout cela s'inscrit dans le contexte de contestation des commissions scolaires et de la gestion de l'éducation par le gouvernement Charest mis en place par nul autre que Super Mario Dumont lui-même.


On en avait pas assez des résultats lamentables de participation aux élections des commissions scolaires de dimanche, il fallait, en plus, se faire mettre en pleine face, dès lundi matin, que le français était maltraité dans tout le système d'éducation. Heureusement, on a pas eu à lire que c'était la faute des commissions scolaires, mais l'idée planait dans l'air. Ridicule que tout ça. Bon, la motion de censure de l'ADQ, ce n'était pas fort. Dumont s'est planté et il essaie de se rattraper en disant qu'il fait face à une alliance entre péquistes et libéraux. J'ai cru, l'espace d'un instant, qu'on allait avoir droit à des élections, mais ce fut bref.


Revenons néanmoins au principal : le français "barouetté" de toute part au Québec. C'est terrible, en effet, que nous ne soyons plus en mesure de nous exprimer correctement dans le maillon le plus évident de notre culture : la langue française. Cependant, je trouve étrange qu'on rejette le blâme sur le système d'éducation. Oui, c'est un milieu où le français se doit d'être impeccable, mais en même temps, je ne crois pas que le système scolaire québécois soit le seul acteur qui entre en compte dans l'éducation linguistique des jeunes de la province. En effet, chez les vieux comme chez les jeunes, il y a un certain relâchement de la langue. On s'applique moins quand on écrit dans la vie de tous les jours parce que ça ne semble pas important, parce que nous ne sommes pas évalués et que, de toute façon, tant que le message du texte passe, à quoi bon massacrer ou ne pas massacrer son français? Le dossier de La Presse aborde bien le problème dans ce qui pourrait être une de ses sources, mais ne pourrait-on pas analyser ce même problème au-delà de l'impact qu'a le système d'éducation sur lui?


Je pense que, si la qualité du français est sur une pente descendante, ces dernières années, c'est qu'elle est grandement liée à l'usage abusif que font les jeunes du clavardage. Que ce soit sur MSN ou sur Facebook, les jeunes comme les plus vieux amputent souvent leurs dialogues en écrivant comme on parle. "Fack com on parl mal, on écrisse encorre plusse pire que kan kon parrle dans la vis de toute lè joures." Terrible, hein? Les parents ne vont pas toujours vérifier la qualité du français écrit de leurs enfants lorsqu'ils échangent des courriels, des messages textes ou des commentaires sur Facebook. Ces modes de communication sont de plus en plus présents dans le quotidien des jeunes et aucune mesure n'a été prise pour s'assurer d'un contrôle de la qualité de la langue sur internet. Le système d'éducation peut bien avoir de la difficulté à pallier à ces problèmes, car même les futurs enseignants qui fréquentent présentement les bancs des universités du Québec ont été en contact avec les ravages du clavardage (icq, caramail, etc.).


Internet, ce monstre immense qu'on ne peut mettre en cage... C'est là mon avis sur la question. Je pense que tant qu'on ne parviendra pas à motiver les jeunes, comme les adultes, dans leur quotidien, à bien s'exprimer en français, on ne sera en mesure d'améliorer la situation que partiellement. Le systèmet d'éducation aurait beau être parfait, avec des robots-enseignants auto-correcteurs, dès que les jeunes sortiraient de l'école, qu'est-ce qui les empêcheraient de se relâcher la langue? Ce qu'il faudrait, ce serait un système de clavardage qui permettrait aux jeunes d'envoyer seulement des messages exempts de fautes de français. Laborieux, peut-être, mais Ô combien utile! Ne serait-il pas temps de proposer des solutions collectives et de cesser de s'en remettre aux institutions? Parce que moi, un texte plein de fautes, ça me fait grincer des dents et c'est que j'y tiens à mes dents.


Je tiens, cependant, à ajouter que les cas terribles d'analphabétisme et de dyslexisme chez les jeunes restent un fléau que le système d'éducation peine à traiter. Pour plus d'information sur cet aspect du problème, rendez-vous sur cyberpresse.

Un peu de musique

J'ai enfin pu mettre la main, cette semaine, sur un album plutôt rare en magasin : le North Sea de Raising the Fawn. Un album alternatif smooth, à ambiance hivernale, de la part d'une formation canadienne qui n'a plus besoin de faire ses preuves.


The North Sea est le deuxième album de Raising the Fawn, mais le premier à avoir regroupé plusieurs musiciens (l'album Raising the Fawn avait été créé en solo par John Crossingham, le futur leader du groupe). Ainsi, c'est probablement parce qu'il enveloppe l'effort de plusieurs musiciens que The North Sea possède une esthétique sonore plus léchée et simple à la fois. Les amateurs de musique légèrement mélancolique, mais avec de vibrants passages lumineux, dans le genre de Funeral d'Arcade Fire ou de Radiohead (à l'époque de The Bends et Ok Computer), seront agréablement surpris. La voix de Crossingham, le chanteur de la formation torontoise, présente, en effet, certaines similitudes avec celle du Thom Yorke de Radiohead; particulièrement dans les notes plus aigues.


L'album présente seulement 8 pièces, mais elles s'étendent presque toutes au-delà de cinq minutes, ce qui compense largement. La musique est accrochante, mais très subtile et sans éclat direct, ce qui demande plusieurs écoutes de l'oeuvre avant de pouvoir en apprécier la pleine richesse. Les pièces home, the news de même que la pièce éponyme the north sea sont d'ailleurs de vibrants témoins de l'harmonie calme et enveloppante de Raising the Fawn. Donc, si vous cherchez un album pour vous aider à traverser le mois de novembre ou l'hiver en entier, The North Sea est une option à retenir.

lundi 5 novembre 2007

Erratum... et précisions


En ce qui concerne l'enquête sur les origines du projet d'art dans le métro (L'art prend le métro, Tu me déranges!), j'ai enfin pu mettre les points sur les "i". En effet, madame Chantal Dumas, une des conceptrices du projet, m'a écrit un commentaire pour me souligner que cette réalisation soulignait les 40 ans du métro de Montréal. Ainsi donc, voilà en quoi consiste la raison d'être de cette étonnant projet. Merci à Chantal Dumas; c'est une preuve que le blogue fonctionne.


Une petite note, toutefois, est nécessaire ici, avant de clore le dossier. Je m'adresse à madame Dumas, en lui soulignant que je n'ai aucunement eu l'intention de traiter de sa réalisation à la légère. Il y a place au sacarsme, mais pas au mensonge. Cependant, je prends note des remarques qu'on m'offre et je suis toute ouïe face à la critique. Voilà tout.