mardi 23 octobre 2007

Évolution interdite

Avez-vous lu La Presse, dernièrement? Si vous ne l'avez pas lue, je vous suggère fortement de lire la chronique de Patrick Lagacé, qui commente l'incident de la girouette à l'assemblée nationale. Entre nous, cet histoire pourrait facilement être reformulée en une fable : le premier ministre et la girouette.

À propos, quelle est cette savoureuse histoire de girouette? Simple : le premier ministre Charest, ayant remarqué, comme bien d'autres, que Mario Dumont revenait beaucoup sur ses positions, a affublé le chef de l'ADQ du titre de girouette nationale. Savoureux, n'est-ce pas? C'est tellement agréable de voir que nos politiciens ne sont pas toujours mous et centristes, qu'ils sont capables d'une envolée subite, d'un move à l'emporte pièce. Cependant, Michel Bissonnet, le président de l'Assemblée nationale, volant au secours de Super Mario, a ordonné à M. Charest de retirer ses paroles. Il a ensuite ajouté le terme "girouette" à la liste des mots interdits à l'Assemblée nationale; liste qui compte déjà 222 expressions proscrites.


Je suis entièrement d'accord avec le fait que nos députés sont un peu moumounes. Dès qu'ils se font le moindrement écorcher, ils crient à l'outrage et à l'atteinte à la réputation, même quand ils savent très bien que leurs détracteurs ont probablement raison. Je sais que ce n'est probablement pas très agréable de se faire insulter (même légèrement), mais franchement, quand on s'embarque dans une carrière politique, on devient une célébrité en quelque sorte. Les insultes, les critiques et mêmes les accusations portées par des rivaux ou des collègues DEVRAIENT faire partie du lot politique de tous les jours.

Alors quoi? Terminé les politiciens avec une colonne, qui se tiennent et qui admettent leurs torts? Comme si on ne savait pas qu'ils nous mentent en pleine face. Comme si les électeurs devaient être séduits, gagnés, amadoués et non représentés ou défendus. Comme si on devait leur cacher que leurs élus font des erreurs... Foutaise que tout ça. Comment peut-on espérer avancer quand notre système de procédures politiques force les députés à tourner en rond pour ne dire que du vide? La politique n'évolue tout simplement pas : elle régresse.

Aucun commentaire: